Le projet du boulevard du Parisis

Une réflexion liminaire…

La conception que je me fais de la fonction de maire est de chercher à améliorer la vie des habitants de la ville en privilégiant l’intérêt général. Je me fais un honneur de ne pas me préoccuper de mon intérêt personnel. De même, si j’entends bien écouter les intérêts « particuliers », en étant attentif à la justification de leur argumentation, je me fais un devoir de chercher ce qui peut être l’intérêt du plus grand nombre, dans le présent et dans le futur.

Le cas du projet dit du « BIP » met particulièrement en cause des intérêts de particuliers, contradictoires et qui, les uns et les autres, ne manquent pas de justifications.

 

Ma réaction au projet du Conseil général sur le Bd du Parisis, tel qu’il a été présenté l’an dernier.

Elle se décompose en 3 parties :

1.      Je reste sceptique sur ce qui a été présenté comme un sensible gain sur le plan de la vie économique loco-régionale.

On fait état d’une diminution très importante de la durée de parcours Sarcelles-champ de courses en période de pointe (j’ai entendu des valeurs de l’ordre de 30 à 40 mn), mais je n’en ai vu aucune argumentation scientifiquement évidente. On peut penser que cela pourrait entrainer un délestage de la voie du haut de Montmorency (qui relie Andilly à St Brice) – ce qui doit sûrement intéresser, légitimement, les habitants du haut de Montmorency -. Mais ne peut-on craindre que cela entraine aussi des flux très denses et sources de bouchons sur les voies qui descendent vers le bas de Montmorency : il me semble qu’il y a là un risque de nuisance important, qui n’a pas été évalué.

Sur ce 1er argument, sans vouloir m’engager dans un refus systématique de principe, je suis amené déjà à prendre une attitude « réservée », et j’attends, au moins, un complément d’information.

2.      J’ai trouvé que le dernier projet présenté par le conseil général était en amélioration par rapport au précédent : il préserve en effet 2 des 3 axes nord-sud qui étaient autrefois coupés. Mais il en reste un (rue de la République). Cela ne peut convenir, car il me paraît fondamental qu’il n’y ait pas de coupure de Montmorency en deux parties sans possibilité aisée de les joindre, d’autant qu’on peut s’attendre à ce niveau (où il y aura un rond-point) à un risque de bouchon comme on le connaît au champ de courses. La seule solution acceptable serait une complète couverture du BIP sur ce tronçon du bas-Montmorency. On imagine que cela augmenterait de façon très importante le budget dont on sent qu’il a déjà été sans doute sous-estimé, et même nettement sous-estimé.

Ce 2e argument m’amène à m’opposer au projet dans l’état actuel.

3.      Le budget :

On nous a annoncé que cela « ne coûterait rien à la ville », car le budget était couvert par la Région et le Conseil général (550 M€ - est en réalité sous-estimé !).

… De qui se moque t-on ? Comment imaginer que ce ne seront pas de toute façon les contribuables loco-régionaux (particulièrement Montmorencéens) qui payeront ?

Dans cette période où les impôts augmentent (et risquent encore d’augmenter), où les dotations d’Etat aux communautés locales ne font que diminuer, où tous les budgets des conseils généraux doivent être revus nettement à la baisse, cet argument budgétaire, qui est loin d’être anecdotique, m’amène à refuser catégoriquement ce projet dans la présentation qui nous a été faite.

J’attends de ceux qui sont à son origine qu’ils soient plus explicites sur les questions que je soulève, qu’ils l’argumentent plus scientifiquement, qu’ils donnent des précisions de date, de budget, sachant que les Montmorencéens ont déjà atteint le maximum acceptable en terme de taxes locales, et que ces réponses soient rapides pour que l’on sache si les terrains actuellement « immobilisés » puissent être (ou non) libérés…

 

Philippe Casassus