Montmorency, le 5 juin 2017

Objet : Notre position sur l’Avenue du Parisis

Monsieur le Président,

Nous faisons suite à votre mail reçu le 3 juin dans lequel vous nous interrogez dans le cadre de la campagne des législatives en cours pour connaître notre positon sur le projet de l’Avenue du Parisis, anciennement appelée Boulevard Intercommunal du Parisis (BIP).

Ce projet est si vieux qu'il semble impossible pour les habitants de la circonscription! Voilà ce qu'on entend souvent… Et pourtant le début des travaux n’a jamais été aussi proche. La nouvelle majorité à la Région Ile-de-France mise tout sur les routes au détriment du développement de lignes de transport en commun. La finalisation du projet de l’Avenue du Parisis et notamment de son tronçon Ouest devant traverser Montmorency est bien inscrit au programme d’investissement régional. Durant la prochaine législature, le ou la député(e) de notre circonscription devra choisir entre laisser passivement le chantier démarrer ou s’engager dans un combat pour la défense du territoire aux côtés des citoyens et associations telle que la vôtre.

Notre choix est clair et s’inscrit dans la continuité du combat de la majorité municipale l’Avenir Ensemble conduite par François DETTON entre 2008 et 2014 : nous refusons ce projet d’un autre siècle et ce pour plusieurs raisons :

1) Un projet inutile Le projet dont l’objet est de réduire les problèmes de circulation dans notre territoire ne solutionnera rien. En reliant deux autoroutes saturées aux heures de pointe (l’A1 et l’A15), le BIP ne rendra pas plus fluide la circulation automobile, bien au contraire. Il est vrai que l’accessibilité de la plateforme d’emploi de Roissy et l’engorgement de l’avenue Kellermann à Soisy-sous-Montmorency sont des problématiques auxquelles il faut apporter des réponses. Mais il existe des solutions alternatives à l’Avenue du Parisis pour répondre à ces enjeux, notamment par le développement de transports en commun écoresponsables. Par ailleurs les travaux de la croix verte vont permettre de fluidifier l'axe est-ouest plus au nord qui relie lui aussi l'A15 et l'A1.

2) Un projet qui sacrifie notre cadre de vie Le tracé du BIP-OUEST prévoit une traversée de Montmorency en coupant notamment la rue de la République et la rue des Chesneaux dans le prolongement de la rue de la Fosse aux moines. La ville serait donc littéralement coupée en deux par une voie de circulation automobile que l’on ne pourrait traverser. L’unité de cette ville déjà difficile à construire, et historiquement fragile, serait alors définitivement enterrée car les citoyens ne pourraient franchir cette route d’au moins 4 voies à pieds comme en voiture. La pollution liée à la circulation massive de véhicules dégraderait notre qualité de vie. Notre paysage serait objectivement défiguré avec cette route qui passerait à quelques mètres de la collégiale Saint-Martin.

Les travaux s’étaleraient sur plusieurs années et seraient susceptibles de provoquer des dégradations (fissures…) dans les habitations environnantes étant donnée la fragilité des sols et des murs des demeures parfois très anciennes.

Enfin, la valeur du patrimoine des citoyens riverains de cette nouvelle route s’écroulerait inévitablement.

Les emprises de ce projet gelées depuis des années sont composées pour l’essentiel d’espaces verts. Comme les élus de l’Avenir Ensemble, aujourd’hui dans l’opposition municipale, nous proposons d’aménager, de valoriser et d’entretenir ces espaces pour les restituer aux citoyens sous forme de jardins publics.

3) Un projet trop couteux Le dernier chiffrage du BIP-OUEST rendu public s’élevait à deux milliards d’euros. Depuis la dernière consultation à travers laquelle de vives oppositions se sont exprimées, des élus du département évoquent la possibilité que cette route soit couverte ou semi-couverte. Or l’enfouissement est un leurre, une promesse non finançable. A l’aire de la raréfaction des deniers publics liée à l’augmentation des dépenses obligatoires du département (RSA…) et à la baisse des dotations aux collectivités dans le cadre de l’effort de redressement des comptes publics, il nous semble irresponsable de dépenser autant dans un tel projet. Les transports propres, le développement d’équipements sociaux et culturels, la transition énergétiques et numériques nécessitent des investissements massifs qui seraient bien plus utiles aux citoyens et qui permettraient à notre territoire d’entrer dans le XXIème siècle.

 

Monsieur Jérôme Chartier, député sortant candidat Les Républicains à sa succession et 1er Vice-Président de la Région Ile-de-France soutient ouvertement ce projet. Muriel Hoyaux, sa suppléante, est 1ère Adjointe au Maire de Montmorency, Madame Michelle Berthy, qui ne s’est jamais opposée au BIP au Conseil départemental du Val d’Oise où elle exerce la fonction de Vice-présidente. Localement, elle avait promis un referendum local qui n’est toujours pas annoncé. En réalité elle a laissé entendre à plusieurs reprises qu'elle n'était pas opposée à ce projet.

Si le choix des électeurs de la 7ème circonscription du Val d’Oise se portent sur notre candidature, nous serons engagés avec vous pour combattre ce projet par tous les moyens légaux : juridiques, médiatiques, politiques.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de nos sentiments distingués.

Rita MAALOUF – Titulaire

Romain ESKENAZI – Suppléant

Candidats socialistes aux élections législatives des 11 et 18 juin 2017 dans la 7ème circonscription du Val d’Oise